Le décolletage: c'est quoi?
Le décolletage est un procédé d'usinage par enlèvement de copeaux, permettant de réaliser des pièces tournées (vis, axes, pignons, etc.) en partant de barres ou de fil métalliques en torche. La matière brute est introduite dans le centre d'usinage et façonnée par une série d'outils qui, selon leur nombre et leur disposition, permettront d'obtenir des pièces aux formes plus ou moins complexes, de tailles diverses (entre 0,1 et 65 mm environ).
Du tour de potier au centre d'usinage
Le décolletage est né dans l'Arc jurassien. Il puise ses origines dans les tours de potier et les tours à bois, dont le mouvement circulaire constitue le principe de base.
Son industrialisation est liée à l'avènement de l'horlogerie. Elle débute véritablement en 1872, lorsque M. Schweizer met au point le premier tour doté d'une poupée mobile (dispositif servant à maintenir la matière).
La Seconde Guerre mondiale et l'essor de la société industrielle en Europe voient se développer sensiblement les décolleteuses, qui deviennent de plus en plus fiables à mesure qu'augmente la demande en pièces complexes.
L'apparition de machines à commande numérique (CNC) dans les années 80 donne une impulsion et une dimension nouvelles au décolletage.
De véritables robots
Dans les centres d'usinage modernes, les mouvements des outils (burins, mèches,...) sont préprogrammés de manière à en assurer automatiquement l'orientation, la vitesse, la succession et la répétition. Cette programmation est mécanisée (par un jeu de cames) ou informatisée (par une commande numérique).
Les cames sont la "mémoire mécanique" du centre d'usinage. Par leur profil subtilement étudié, elles transforment le mouvement circulaire du tour en un mouvement de translation. Autant dire que le calcul des courbes d'une came relève d'une véritable ingéniosité! Son façonnage est réalisé dans des métaux traités permettant de limiter l'usure, qui influencerait directement le mouvement des outils - et donc la précision des pièces usinées.
Aujourd'hui, les tours automatiques à cames et les centres d'usinage à commande numérique sont capables de s'alimenter eux-mêmes en matière première (au moyen de ravitailleurs auxiliaires) et peuvent ainsi usiner en continu. On peut également leur ajouter des outils et appareils supplémentaires pour fraiser, fendre, fileter, percer, ce qui permet de réduire, voire d'éliminer complètement, les opérations de reprise.
