Laurent, présentez-vous en quelques mots
Je suis né en 1971, marié et un enfant, installé depuis une quinzaine d’années dans les Franches Montagnes. Etant Franco-Suisse mon parcours est un peu atypique … Les écoles en France, lycée technique suivi d’un certificat de technicien-régleur en dual. Les formations en Suisse, programmation et manipulation CNC au CIFOM et diverses formations chez les fabricants de machines pour la partie technique. Brevet fédéral de formateur d’adultes et certificat d’enseignant professionnel à titre accessoire pour la partie pédagogique.

Quel est votre parcours professionnel ?
J’ai appris le métier de décolleteur dans le groupe Baud industries. J’avais un groupe de 8 machines conventionnelles produisant essentiellement pour les secteurs de la connectique et de l’automobile.
Je suis parti chez Surdez-Mathey appartenant à Guillod Gunther, manufacturier de boites de montres.
D’abord metteur en train sur des machines conventionnelles et « hybride » type Elwin, puis également régleur, programmeur sur CNC après quelques années.
En 2006 une magnifique opportunité s’est présentée à moi. Prototypiste pour des pièces de mouvements au sein de la Manufacture des Franches Montagnes, appartenant à Maurice Lacroix.
Non seulement nous travaillions pour la maison mère mais surtout pour des tiers, issus de l’horlogerie haute gamme. Une expérience enrichissante qui m’a conduit à prendre la responsabilité du département décolletage, taillage, roulage deux ans après.

Depuis quand travaillez-vous au CTDT et qu’est-ce qui vous a motivé à vous engager ?
J’ai été engagé en août 2009. Mon travail à la Manufacture était passionnant. Programmer, utiliser la CFAO, suivre tout le travail effectué sur les pièces, calculer les offres, gérer les ressources et prendre contact avec les clients. Mais c’est en formant à l’interne que j’ai eu le déclic. Cela était devenu une évidence, je voulais transmettre, donner aux autres. Ma femme a vu une annonce du CIP-CTDT qui cherchait un formateur, je me suis dit qu’une nouvelle opportunité m’était donnée.

Quels sont les points forts du CTDT ?
Tout d’abord les personnes, du passé et du présent. L’équipe à l’interne et les acteurs externes. Tout ce monde qui permet au CTDT d’avoir beaucoup de compétences à disposition et de s’ouvrir sur l’industrie. Avec les années, la notoriété du CTDT lui a donné une kyrielle de partenaires et sponsors qui le soutiennent tant au niveau de la structure, que d’événements où il est représenté. De par ses diverses missions, le CTDT est présent dans la formation initiale, professionnelle, les associations telle que l’AFDT et le collège d’expert du domaine de la mécanique.

Quelques mots sur les cours interentreprises pour les apprentis
C’est une chance pour le CTDT, comme pour les apprentis. Pour le CTDT, c’est un lien avec les futurs professionnels de la branche et l’industrie. Pour les apprentis, c’est l’occasion de travailler avec des machines qui représentent la diversité du parc industriel. C’est également la possibilité d’apprendre hors production, c’est-à-dire avec le temps nécessaire à la compréhension et la réalisation de mise en train en décolletage conventionnel et/ou la programmation et la mise en train de décolleteuses à commande numérique.

 Quelques mots sur la formation des personnes en recherche d’emplois ?
C’est une des missions du CTDT. Fournir à l’industrie des professionnels qualifiés. Ces personnes, après un examen obtiennent un certificat reconnu par les deux ORTRA, Swissmem et Swissmechanic. Elles peuvent poursuivre ensuite une passerelle les amenant à l’obtention d’une AFP. Une fois en emploi, notre formation modulaire permet d’arriver au CFC de mécanicien de production. 

La formation continue est-elle vraiment indispensable ?
A l’aube de l’industrie 4.0, d’une technologie qui avance à une vitesse exponentielle, je dirais même que cela est vital. Les personnes peu ou pas qualifiées vont faire face à une automatisation et une digitalisation galopantes. Sans oublier l’épanouissement personnel et la confiance en soi que l’on ressent après une formation … 

Quelques idées d’amélioration de l’offre du CTDT pour le futur ?
Il lui faudra de plus en plus faire le grand écart entre la formation de base et celle beaucoup plus pointue, due justement à l’avancée technologique. Il faudra convaincre les sponsors actuels et futurs de mettre à disposition leurs nouvelles machines. Cela implique aussi la formation des formateurs. Comment pourrait-on amener de nouvelles compétences, sans les avoir acquises au préalable ?